Une heure qui saute dans un guichet à midi, une aiguille bleue et un cadran argenté guilloché. Christopher Ward fête les quinze ans de son module JJ01 avec la C1 Jump Hour XV, une série limitée à 300 exemplaires qui revisite la C9 Harrison de 2011 dans un boîtier de 39 mm. Comptez 2 350 € avec un bracelet en cuir.

Retour à la case départ
Tout commence en 2011 avec la C9 Harrison Jumping Hour. C’est la première montre à embarquer le JJ01, un module d’heure sautante imaginé par Johannes Jahnke, alors maître horloger de la marque, et posé à l’époque sur un ETA 2824-2. Le principe n’a pas changé depuis : plus d’aiguille des heures, mais un disque qui avance d’un cran à chaque heure pleine dans un guichet. Les minutes, elles, restent confiées à une aiguille centrale.
Pour une marque britannique encore jeune, c’était un vrai coup d’éclat, et le point de départ de ses calibres maison. Le JJ01 a ensuite servi de base au module de sonnerie FS01 de la C1 Bel Canto, développé par Frank Stelzer, l’actuel directeur technique. C’est d’ailleurs lui qui a repris et amélioré le JJ01 pour cette nouvelle édition.
Le nom de la montre se passe d’explication : XV, quinze ans, en chiffres romains, comme ceux qui défilent dans le guichet. Et il faut reconnaître que l’heure sautante garde un charme particulier. On se surprend à guetter le changement d’heure, même quand on sait (déjà) l’heure qu’il est.
Une toile d’araignée argentée
Au centre du cadran, un guilloché rhodié argenté s’enroule en spirale, façon toile d’araignée. C’est un clin d’œil direct à la C9 d’origine. Le motif est estampé et non gravé à la machine. Il occupe presque toute la surface, les minutes étant repoussées sur le pourtour avec une typographie plus lisible qu’avant.
Le guichet à midi est entouré d’un cadre en acier brossé soleil aux biseaux polis. Le disque des heures est désormais blanc, et non plus argenté comme sur la C9, avec des chiffres romains noirs dans une nouvelle police d’inspiration Art déco. L’aiguille des minutes passe du noir au bleu : un traitement PVD, un dessus brossé et des facettes polies au diamant. Autre changement, la plaque au nom de la marque qui trônait au milieu du cadran de la C9 a disparu.
39 mm, mais pas si fine
Christopher Ward reprend son boîtier en acier, brossé et poli. La C9 mesurait 43 mm ; la XV descend à 39 mm, pour 47,3 mm de corne à corne. L’épaisseur, en revanche, atteint 13,1 mm. Sur les photos de face, ça ne se voit pas, mais au poignet, la montre aura une certaine présence pour une pièce habillée. La tête de montre pèse 66 grammes, et 90 grammes sur cuir.
Le cadran est protégé par un saphir bombé de type « box », traité antireflet. L’étanchéité plafonne à 30 m : une montre de soirée ou de bureau, pas une montre de piscine. Le fond est plein, et c’est dommage pour le mouvement, qui reçoit pourtant une finition colimaçonnée. En contrepartie, il est estampé en relief, avec une partie basse sablée et une partie haute polie. Son décor reprend la forme du guichet et divise le temps en couronnes successives : douze heures sur le bord extérieur, soixante minutes à l’intérieur.
Le calibre associe une base automatique Sellita SW200-1 au module JJ01. Il bat à 4 Hz (28 800 alternances par heure) et compte 28 rubis. La fiche officielle annonce 38 à 41 heures de réserve de marche et une tolérance de −5 à +12 secondes par jour. Une autonomie un peu juste si la montre doit partager le poignet avec d’autres.
L’astuce du JJ01, c’est sa façon de gérer l’énergie. Beaucoup de mécanismes d’heure sautante accumulent la force nécessaire dans les dernières minutes avant le saut, ce qui perturbe la marche et rend le changement d’heure approximatif. Jahnke a pris le problème à l’envers : le module prélève l’énergie de façon régulière tout au long de l’heure, puis la libère d’un coup quand l’aiguille des minutes passe le 12. D’après la marque, le disque saute ainsi pile à l’heure, sans faire chuter la précision du mouvement.
L’avis de We Love Watches
Ce qui nous plaît dans cette XV, c’est l’équilibre du cadran. Le guichet donne le caractère, l’aiguille bleue la lisibilité, et le guilloché donne une raison de regarder la montre entre deux changements d’heure. On la prendrait avec un bracelet cuir brun, qui réchauffe l’ensemble et va bien avec le bleu de l’aiguille.
Le bracelet acier Consort, avec son réglage fin intégré au fermoir et ses attaches rapides, a des arguments pratiques, mais il tire la montre vers un registre plus sport. Deux réserves tout de même : l’épaisseur et la réserve de marche. Reste qu’à ce prix, une complication maison qu’on voit fonctionner, avec une vraie histoire derrière elle, ça ne se trouve pas partout.
Prix : 2 350 € avec un bracelet cuir italien (bleu, noir ou brun), 2 540 € avec un bracelet acier Consort. Édition limitée à 300 pièces, toutes versions confondues






