Christopher Ward n’avait plus lancé de chronographe mécanique de série depuis les C60 et C65 Chronograph de 2020. Six ans plus tard, la marque britannique revient à cette complication avec le C63 Sealander Chronograph, un modèle désormais au cœur de son catalogue, loin des créations plus ambitieuses de la collection Atelier comme la Bel Canto ou la C12 Loco. Cette nouveauté associe cinq cadrans laqués à un Sellita SW510 automatique et au boîtier Light-catcher caractéristique de la marque. Les versions noire et blanche sont disponibles dès le lancement. Les cadrans bleu ciel et pistache sont annoncés pour la mi-octobre 2026, tandis que la version rose est actuellement donnée pour la fin novembre.

Cinq cadrans laqués et des compteurs texturés
Les cinq versions reposent sur la même construction. La surface principale du cadran reçoit une laque brillante proposée en noir, blanc, bleu ciel, rose ou pistache. Les trois compteurs noirs sont légèrement creusés et présentent une texture opaline nettement marquée, bordée par des anneaux rhodiés polis.
La version blanche adopte une véritable configuration panda. Le modèle noir joue au contraire la carte du ton sur ton, avec ses compteurs noirs sur fond noir : il ne s’agit donc pas d’un reverse panda. Les trois cadrans colorés conservent eux aussi des compteurs noirs très contrastés. Sur les versions noire et blanche, l’extrémité rouge de l’aiguille centrale du chronographe apporte une touche de couleur supplémentaire.
La disposition reste classique, avec les petites secondes à 9 heures, le compteur des 30 minutes à 3 heures et celui des 12 heures à 6 heures. Christopher Ward a renoncé au guichet de date, ce qui préserve la symétrie du cadran.
Les index appliqués polis et les aiguilles propres à la famille Sealander reçoivent du Super-LumiNova Grade X1 BL C1, dont l’émission est bleutée dans l’obscurité. La marque ne cache pas ses références : elle cite elle-même la TAG Heuer Carrera, l’Omega Speedmaster et la Rolex Daytona parmi les chronographes qui ont nourri le projet.
Le chronographe le plus fin jamais produit par Christopher Ward
Le boîtier en acier mesure 41 mm de diamètre, 48 mm de corne à corne et 13,9 mm d’épaisseur. Il ne s’agit pas du boîtier Light-catcher le plus fin de tout le catalogue, comme cela a parfois été écrit, mais du chronographe mécanique le plus fin jamais proposé par Christopher Ward. La marque annonce un gain de 1,1 mm par rapport à ses précédents modèles.
Le dessin alterne surfaces satinées et chanfreins polis, notamment le long des flancs. Les deux poussoirs allongés adoptent une forme cubique, avec une face brossée et un chanfrein poli sur leur arête extérieure. La couronne conique est vissée et protégée par des épaulements. L’étanchéité atteint 100 mètres.
La lunette fixe reçoit un insert en céramique noire mate, frappé d’une échelle tachymétrique blanche. Une facette polie sur son pourtour extérieur assure la transition avec la carrure. Le cadran est protégé par un verre saphir traité antireflet, tandis qu’un second verre saphir au dos permet d’observer le mouvement.
Un Sellita SW510 sans affichage de date
Christopher Ward a choisi le Sellita SW510-1 dans une configuration sans affichage de date. Ce chronographe automatique commandé par came fonctionne à 28 800 alternances par heure et compte 27 rubis. Sa réserve de marche est garantie pour un minimum de 56 heures, avec une valeur typique annoncée de 62 heures selon l’utilisation du chronographe.
Le mouvement est proposé en finition Elaboré avec une décoration colimaçonnée. Sa tolérance de marche est donnée entre −5 et +12 secondes par jour. Il n’est donc ni certifié COSC ni réglé selon les critères plus stricts d’un calibre chronomètre.
Visible à travers le fond transparent, le SW510 reçoit un rotor semi-squeletté dessiné spécialement pour Christopher Ward. Cette personnalisation reste essentiellement esthétique, mais évite l’impression d’un mouvement standard simplement installé dans le boîtier.
Le bracelet en acier Bader bénéficie du système iLink. Un bouton placé sous chaque maillon amovible permet de le retirer sans outil. Le fermoir déployant à poussoirs dispose également d’un micro-ajustement sans outil et le bracelet peut être détaché rapidement du boîtier. Quatre bracelets en caoutchouc à extrémités intégrées sont proposés en alternative, en noir, blanc, bleu ou orange. Ils sont tous associés à un fermoir déployant Bader en acier.
L’avis de We Love Watches
Le retour d’un chronographe mécanique dans le catalogue courant de Christopher Ward était attendu. Le choix de la Sealander paraît logique : la collection a été profondément remaniée au printemps et constitue désormais l’une des principales portes d’entrée dans l’univers de la marque.
Le positionnement tarifaire demande néanmoins un peu de recul. À 2 605 € sur acier, la C63 n’est pas la proposition la moins chère de sa catégorie. La Tissot PRX Automatic Chronograph, par exemple, est actuellement affichée à 2 045 € sur bracelet acier. Elle offre également 100 mètres d’étanchéité et une réserve de marche annoncée de 65 heures.
Christopher Ward répond avec un boîtier légèrement plus compact et plus fin, une lunette en céramique, l’absence de date et surtout un système de bracelet particulièrement pratique. Le gain apporté par les maillons iLink et le micro-ajustement sans outil est concret, même s’il faudra manipuler la montre pour juger de la qualité réelle de l’ensemble.
Le Sellita SW510 ne joue pas la carte du prestige mécanique. Sa commande par came est moins valorisée qu’une roue à colonnes et peut produire un déclenchement plus ferme. Elle présente en revanche l’avantage d’une architecture largement diffusée et connue des horlogers. La tolérance de −5/+12 secondes par jour reste conforme au positionnement Elaboré, sans être remarquable pour une montre vendue autour de 2 500 €.
La réussite du modèle tient davantage à son équilibre général. Le boîtier reste raisonnablement contenu pour un chronographe automatique, le cadran ne souffre d’aucun guichet de date mal placé et les cinq couleurs offrent de vraies personnalités. Le blanc constitue le choix le plus classique, tandis que le noir devrait être le plus polyvalent. Les cadrans rose et pistache sont moins consensuels, mais prolongent avec cohérence le travail chromatique engagé sur les dernières Sealander.
Prix : 2 475 € sur bracelet en caoutchouc et 2 605 € sur bracelet en acier Bader. Les versions noire et blanche sont disponibles immédiatement. Les cadrans bleu ciel et pistache sont annoncés pour la mi-octobre 2026, et le cadran rose pour la fin novembre.











