Dans le jargon horloger, un cadran « panda » désigne un chronographe à fond blanc et compteurs noirs. Chez Seiko, le designer Kiyotaka Sakai a pris la question au pied de la lettre, et le résultat arrive en boutique en novembre sous la forme de deux éditions limitées, les HHK001 et HHK002, regroupées dans la collection 2 du Seiko Power Design Project.
Un concept de 2024 devenu série limitée
Le Power Design Project existe depuis (déjà) 2001. Il sert de laboratoire aux designers de la marque, qui peuvent y explorer des idées sans contrainte commerciale, et la plupart des pièces imaginées dans ce cadre ne dépassent jamais le stade du prototype. Le panda fait (visiblement) exception.
Présenté en 2024 lors d’une exposition consacrée à des montres pensées pour des passions très pointues, le concept de Kiyotaka Sakai est né après que le designer a montré un chronographe panda classique à son fils, grand amateur de l’animal. La pièce a suffisamment marqué les visiteurs pour que Seiko décide de la produire deux ans plus tard.
Des yeux, des oreilles et un « Sasameter »

Le cadran est un petit inventaire de clins d’œil. Le motif radial en relief évoque la fourrure, les deux compteurs noirs prennent la forme des taches tombantes autour des yeux du panda, et un nez et une bouche viennent s’installer à 6 heures. Les aiguilles des heures et des minutes reprennent le dessin de feuilles de bambou, son aliment favori. Les deux poussoirs du chronographe, placés de part et d’autre de 12 heures, mettent en avant les oreilles et donnent au boîtier la silhouette d’une tête ronde.
Le détail le plus drôle se trouve sur le rehaut. L’échelle tachymétrique a été rebaptisée « Sasameter », de sasa, le mot japonais pour les feuilles de bambou. Elle reste parfaitement fonctionnelle : un panda qui parcourrait un kilomètre en deux minutes afficherait 30 km/h, soit la vitesse de pointe théorique que Seiko attribue à l’animal. Il faut retourner la montre pour la dernière blague. Le fond de boîte montre le panda de dos, avec une queue blanche et non noire, comme chez le vrai animal, juste sous la mention « LIMITED EDITION ».
Deux versions sont proposées. La HHK001 reprend le noir et blanc du concept d’origine et sera produite à 3 000 exemplaires. La HHK002 remplace le blanc par un rose inspiré de la couleur des bébés pandas autour d’un mois après leur naissance, et se limite à 2 000 pièces. Chacune arrive sur un bracelet en cuir de vachette assorti, avec des inserts au toucher suédé, dans un coffret dédié : un décor d’herbe pour la blanche, un intérieur rose et duveteux pour la rose.
Un chronographe quartz sans prétention technique

Sous le cadran, Seiko a choisi le calibre quartz 8T61. Il affiche les heures, les minutes et la petite seconde, et chronomètre jusqu’à 60 minutes au cinquième de seconde. La précision annoncée est de plus ou moins 15 secondes par mois et la pile tient environ trois ans. Côté technique, circulez, il n’y a rien à voir.
Le boîtier en acier mesure 43 mm de diamètre pour 14,6 mm d’épaisseur, mais la forme ronde et les cornes très courtes ramènent le corne à corne à 44,1 mm. Le verre est en Hardlex, la résistance magnétique de 4 800 A/m, et l’étanchéité se limite à 3 bar, soit une simple résistance aux éclaboussures. L’entre-corne est de 20 mm.
L’avis de We Love Watches

Inutile de juger ces montres sur leur fiche technique. Un quartz, un verre minéral, une étanchéité de principe et 14,6 mm d’épaisseur : sur le papier, il y a mieux pour 590 €, y compris chez Seiko. Mais ce n’est pas le sujet. Ce qui séduit ici, c’est la cohérence de la blague, poussée jusqu’au fond de boîte et au coffret, et le fait qu’elle repose sur une vraie culture horlogère. Il faut connaître les codes du chronographe pour apprécier un tachymètre transformé en Sasameter ou des poussoirs qui deviennent des oreilles.
On aime aussi l’idée qu’une grande maison laisse ses designers s’amuser publiquement, et qu’un projet né d’une conversation entre un père et son fils finisse en série. À 43 mm et avec ce relief, la montre aura une vraie présence au poignet, mais la silhouette ramassée devrait la rendre plus portable que ses mensurations ne le laissent penser. La version rose, plus rare, risque de partir la première. Pour les collectionneurs de chronographes panda, voilà en tout cas la pièce idéale pour clore toute discussion sur l’origine du surnom.
Prix : (commercialisation en novembre)
- Seiko Power Design Project HHK001, cadran blanc et noir, limitée à 3 000 exemplaires : 590 €
- Seiko Power Design Project HHK002, cadran rose et noir, limitée à 2 000 exemplaires : 590 €





