Six décennies après l’apparition d’une Breitling Top Time référence 2002 au poignet de Sean Connery dans Opération Tonnerre, où l’agent 007 conduisait une Aston Martin DB5 aux gadgets improbables, la marque de Grenchen concrétise son partenariat officiel avec le constructeur britannique de Gaydon en dévoilant une trilogie d’éditions limitées consacrée à ce modèle mythique. Trois exécutions matérielles distinctes de la Top Time B01 Chronograph 41, dont l’une inaugure le premier cadran en onyx naturel de l’histoire de la marque, viennent ainsi rappeler que l’horlogerie de collection sait encore parler à la culture populaire sans céder à la simple opération marketing.

Un boîtier coussin commun aux trois versions
Les trois modèles partagent la même architecture, celle d’un boîtier coussin de 41 mm de diamètre pour 13,8 mm d’épaisseur et un corne à corne particulièrement contenu de 47,9 mm. Les cornes chanfreinées, les poussoirs en forme de champignon caractéristiques et la lunette rainurée reprennent tous les codes du chronographe Top Time des années 1960 tout en s’inscrivant dans la relecture contemporaine de la ligne opérée depuis 2020.
L’étanchéité reste fixée à 100 mètres, ce qui autorise un usage quotidien sans réserve, et un verre saphir couvre chacune des deux faces. Le clin d’œil le plus attendrissant à la Aston Martin DB5 se joue à hauteur du cadran, avec un anneau intérieur découpé dans du bois véritable, directement inspiré du volant en bois de la voiture britannique.
Les sous-compteurs, quant à eux, adoptent une forme empruntée aux instruments du tableau de bord original, entre carré et rond dans une transition douce que la marque de Grenchen n’avait encore jamais utilisée dans sa collection Top Time.
Trois exécutions matières distinctes
L’entrée dans la collection se fait par une version en acier limitée à 1 022 exemplaires, la plus proche par l’esprit de la Top Time référence 2002 d’origine. Son cadran argenté contrasté par des sous-compteurs noirs offre un rendu franchement néo-vintage, dans un registre course automobile assumé.
Au-dessus se trouve une exécution en acier avec lunette en platine polie, limitée à 315 pièces, dont le cadran laqué noir profond apporte une signature plus contemporaine, avec un effet de contraste marqué entre le poli miroir de la lunette platine et la profondeur graphique de la laque. Le sommet de la trilogie est occupé par une version en or rouge 18 carats, limitée à 250 pièces individuellement numérotées, qui inaugure une première dans l’histoire récente de Breitling avec l’utilisation d’un cadran taillé dans une véritable pièce d’onyx naturel.
Chaque exemplaire de cette référence dispose donc d’un motif unique dans la pierre, avec une profondeur presque liquide qui joue admirablement avec la chaleur des tonalités de l’or rouge. Les trois références sont livrées sur un bracelet en cuir de veau dégradé peint à la main dans un ton marron chaud, qui n’est pas sans rappeler la sellerie de la DB5, avec une boucle déployante assortie à la matière du boîtier.
Un calibre B01 avec rotor Aston Martin
Sous le cadran, on retrouve le calibre B01 manufacture de Breitling, l’un des chronographes automatiques intégrés les plus intéressants du marché à ce niveau tarifaire. Certifié chronomètre par le COSC, il combine roue à colonnes et embrayage vertical pour un enclenchement du chronographe particulièrement fluide et sans saut d’aiguille des secondes, ce qui n’est pas systématique sur les architectures à came.
La réserve de marche annoncée est de 70 heures, ce qui suffit largement pour un long weekend sans remontage. Le fond saphir dévoile un rotor personnalisé aux couleurs Aston Martin, rhodié sur la version acier et en or rouge massif 18 carats sur les versions acier-platine et or rouge, ce qui constitue un joli détail de finition et une distinction supplémentaire pour les versions plus haut de gamme.
L’avis de We Love Watches
Dans une industrie horlogère saturée de partenariats automobiles opportunistes, l’association Breitling-Aston Martin bénéficie d’un avantage rare, celui d’une histoire réellement partagée qui remonte au monde de James Bond des années 1960.
C’est probablement ce qui rend cette première collection dédiée à la DB5 plus crédible que la plupart des exercices comparables. Là où de nombreuses marques se contenteraient d’apposer un logo sur un cadran existant, Breitling a pris la peine de retravailler l’architecture visuelle avec un anneau en bois véritable, des sous-compteurs redessinés et un travail matières particulièrement soigné sur les trois exécutions.
Le choix de la version acier reste probablement le plus fidèle à l’esprit des Top Time de collection, avec un rapport qualité-prix cohérent pour une pièce limitée à 1 022 exemplaires équipée d’un calibre manufacture certifié COSC. La version acier-platine trouvera son public parmi les amateurs de contrastes matières, tandis que le modèle en or rouge à cadran onyx joue clairement dans une autre catégorie, celle du garde-temps de collection très exclusif.
Prix :
- 10 500 € pour la version acier (limitée à 1 022 pièces)
- 16 500 € pour la version acier avec lunette platine (limitée à 315 pièces)
- 40 500 € pour la version or rouge 18 carats à cadran onyx (limitée à 250 pièces)







