Lancée en 2017 après la disparition des Speedmaster Reduced, la Speedmaster 38 avait choisi une voie sensiblement différente de celle de la Moonwatch. Compteurs ovales inspirés d’anciennes De Ville, typographie fine aux accents Bauhaus et lunette à insert scindé : la collection affichait un positionnement plus lifestyle qui l’éloignait des codes visuels privilégiés par les amateurs de la Speedmaster Professional. Neuf ans plus tard, Omega remet les compteurs à l’endroit, au sens propre. Sept nouvelles références ont été dévoilées hier, toutes articulées autour d’un cadran redessiné qui se rapproche nettement du design de la Moonwatch. Qui a dit « Enfin » ?
Des compteurs ronds et un Dot over Ninety
Le changement le plus visible concerne les sous-compteurs, désormais parfaitement circulaires, là où la précédente génération affichait des ovales inspirés de certaines anciennes Omega De Ville. Le résultat est plus homogène et, surtout, bien plus conforme à l’image que l’on associe traditionnellement à une Speedmaster. Omega a également réduit la quantité d’inscriptions sur le cadran, libérant de l’espace autour des index.
La lunette retrouve parallèlement une construction visuellement plus large. Sur les versions dotées d’une échelle tachymétrique apparaît le fameux Dot over Ninety, ce point placé au-dessus du nombre 90 plutôt qu’à côté. Cette disposition caractérise notamment les lunettes montées sur les Speedmaster anciennes jusqu’aux environs de 1970. Omega l’a également réintroduite sur la génération actuelle de la Moonwatch Professional. Elle n’apporte aucune fonction supplémentaire, mais constitue un signal esthétique immédiatement identifiable pour les collectionneurs.
Comme le relève Zach Weiss dans son essai pour Worn & Wound, ce détail ne renvoie pas directement aux anciennes Reduced. Il confirme plutôt la volonté d’Omega de transposer l’esthétique de la Moonwatch dans un format plus compact et automatique.
Un diamètre contenu, mais une épaisseur toujours importante
Le diamètre reste fixé à 38 mm et les dimensions générales évoluent peu : 44,96 mm de longueur corne à corne, 18 mm d’entre-corne et environ 14,75 mm d’épaisseur selon les cotes communiquées, Worn & Wound relevant pour sa part 14,73 mm sur l’exemplaire mesuré. La refonte porte donc davantage sur le cadran, la lunette et le bracelet que sur les proportions fondamentales du boîtier.
La lunette atteint 36,7 mm, contre 39,8 mm pour la Speedmaster Professional. Cette différence explique en partie pourquoi la Speedmaster 38 donne réellement l’impression d’une montre de 38 mm, tandis que la Professional de 42 mm paraît souvent plus proche d’une 40 mm au poignet.
Un point doit néanmoins être signalé : avec près de 14,75 mm, la nouvelle Speedmaster 38 est plus épaisse que la Moonwatch Professional Hesalite, qui mesure environ 13,5 mm. Cette hauteur s’explique notamment par l’emploi d’un chronographe automatique intégré. À titre de comparaison, certaines anciennes Reduced équipées du calibre modulaire 1140 dérivé de l’ETA 2890-A2 restaient proches de 12 mm.
Le verre saphir de forme « box » représente une partie de l’épaisseur totale et contribue à l’atténuer visuellement. Le positionnement des cornes à mi-hauteur du boîtier permet également au bracelet de tirer la montre vers le poignet et de dissimuler en partie le fond. Il n’en reste pas moins que cette Speedmaster 38 conserve des proportions trapues.
Son étanchéité atteint en revanche 100 mètres, soit le double des 50 mètres annoncés pour la Moonwatch Professional. Le nouveau bracelet à cinq maillons reprend l’esprit de celui de la Professional actuelle, avec des maillons plus courts et arrondis. Sur la version noire, les trois rangées principales sont brossées et les deux petites lignes intermédiaires polies. Le bracelet se resserre de 18 à 15 mm au niveau du fermoir, lequel dispose d’une ouverture à deux poussoirs et d’un micro-ajustement de faible amplitude.
La noire sans date, seule référence équipée du calibre 3332

Parmi les sept nouveautés, la version en acier à cadran noir, référence 324.30.38.50.01.002, se distingue immédiatement. Son cadran noir verni à finition mate est le seul à renoncer au guichet de date, ce qui le rapproche à la fois des premières Speedmaster Reduced et de la Moonwatch Professional actuelle.
Cette référence reçoit exclusivement le calibre Co-Axial 3332. Omega n’a pas encore précisé s’il s’agit d’une simple déclinaison sans date du calibre 3330 ou d’une refonte plus substantielle. Les six autres nouveautés conservent le calibre 3330, lancé en 2012 et déjà utilisé par la précédente génération de Speedmaster 38, avec un guichet de date à 6 heures.
Les deux mouvements automatiques battent à 28 800 alternances par heure, soit 4 Hz, comptent 31 rubis et offrent 52 heures de réserve de marche. Ils disposent d’un échappement Co-Axial, d’un mécanisme de chronographe commandé par roue à colonnes, d’un balancier à inertie variable et d’un spiral en silicium Si14. Ils bénéficient par ailleurs d’une certification de chronomètre délivrée par le COSC.
En revanche, ni le 3330 ni le 3332 ne sont certifiés Master Chronometer selon le protocole METAS. C’est probablement la principale réserve technique que l’on peut opposer à cette nouvelle collection : l’habillage a été modernisé, mais l’architecture mécanique demeure celle d’une famille de calibres éprouvée, plutôt que celle des mouvements les plus récents d’Omega.
Six autres versions, de l’acier aux lunettes serties

Deux autres références entièrement réalisées en acier complètent l’offre sportive. La première associe un cadran blanc laqué à des aiguilles et index revêtus de bleu par traitement CVD. Elle reçoit une lunette en céramique bleue dont l’échelle tachymétrique est réalisée en émail blanc.
La seconde adopte un cadran argenté opalin traité PVD, associé à une lunette en aluminium gris chaud. Ses aiguilles et ses index sont revêtus de Sedna Gold, tandis que ses sous-compteurs associent des détails bruns et couleur or Sedna.
Deux modèles bicolores suivent. La première combine un boîtier en acier avec une lunette, une couronne, des poussoirs et de petits maillons centraux en or Moonshine 18 carats. Son insert de lunette en aluminium vert entoure un cadran argenté opalin. La seconde reprend la palette dite « Cappuccino », emblématique de la collection, avec un cadran ivoire, des sous-compteurs bruns, un insert en aluminium brun et des éléments en or Sedna 18 carats.
Enfin, deux références en acier reçoivent une lunette sertie de 52 diamants totalisant 1,53 carat. La première est dotée d’un cadran bleu glacier traité PVD, tandis que la seconde adopte un cadran en nacre blanche. Ces deux versions abandonnent logiquement l’échelle tachymétrique au profit du sertissage.
L’avis de We Love Watches
Cette refonte était attendue et elle est réussie sur l’essentiel. La précédente Speedmaster 38 hésitait entre chronographe sportif et montre plus décorative. Cette nouvelle génération lui donne une identité plus lisible, particulièrement dans sa version noire sans date.
Cette dernière est de loin la plus convaincante pour les amateurs de Speedmaster. Elle propose ce que beaucoup attendaient : une interprétation compacte de la Moonwatch, dotée d’un remontage automatique et suffisamment différente de la Professional pour trouver sa place à ses côtés dans une collection.
Son épaisseur reste néanmoins difficile à ignorer sur une montre de 38 mm, même si la construction du boîtier et du verre atténue sa présence au poignet. L’absence de certification Master Chronometer peut également surprendre, alors qu’Omega a fait du protocole METAS l’un de ses principaux arguments techniques.
Face à la Zenith Chronomaster Original de 38 mm, sensiblement plus fine avec ses 12,6 mm, la Speedmaster 38 apparaît moins ambitieuse mécaniquement. Le calibre El Primero 3600 de Zenith fonctionne à 5 Hz, mesure le dixième de seconde et offre 60 heures de réserve de marche. Omega réplique avec une étanchéité de 100 mètres, contre 50 mètres pour la Zenith, un bracelet en acier fourni dès la version d’entrée de gamme et un tarif nettement inférieur, la Chronomaster Original démarrant autour de 10 800 euros sur bracelet cuir.
Face à la TAG Heuer Carrera Chronograph Glassbox de 39 mm, étanche à 100 mètres et équipée du calibre TH20-00 à roue à colonnes, embrayage vertical et 80 heures de réserve de marche, la comparaison est plus serrée. Omega conserve toutefois pour elle son format légèrement plus contenu, son cadran sans date et l’aura particulière de la famille Speedmaster.
La collection se prêterait enfin naturellement à une future version panda ou reverse panda. Wait and see ?
Prix :
- Acier, cadran noir sans date (réf. 324.30.38.50.01.002) : 6 400 €
- Acier, cadran argenté opalin et lunette grise (réf. 324.30.38.50.02.003) : 6 500 €
- Acier, cadran blanc et lunette bleue (réf. 324.30.38.50.04.001) : 6 900 €
- Acier et or Moonshine, lunette verte (réf. 324.20.38.50.02.001) : 11 400 €
- Acier et or Sedna « Cappuccino » (réf. 324.20.38.50.02.002) : 11 400 €
- Acier, lunette sertie et cadran bleu glacier (réf. 324.15.38.50.03.001) : 12 000 €
- Acier, lunette sertie et cadran en nacre blanche (réf. 324.15.38.50.05.001) : 12 800 €












2 Commentaires
Die Höhe ist hauptsächlich dem Automatikkaliber und dem gewölbten Saphirglas geschuldet und fällt optisch kaum auf. Und die zehntägige METAS-Zertifizierung hätte sich in einem deutlich höheren Preis niedergeschlagen.
La certification METAS aurait eu un côté rassurant, sutout aussi car Omega défend ses propres normes de certification… mais n’en tire pas parti sur ce modèle.