L’annonce est suffisamment rare pour mériter qu’on s’y attarde. Rolex, qui ne documente presque jamais publiquement ses pièces uniques, mettra aux enchères quatre Cosmograph Daytona créées chacune en un seul exemplaire. Organisée avec Phillips le 28 septembre 2026 à Londres, la vente Rolex Four Seasons réunira quatre exécutions serties inspirées des saisons. L’intégralité du produit de la vente bénéficiera à la Roger Federer Foundation et à Re:wild, deux organisations soutenues respectivement par Roger Federer et Leonardo DiCaprio. Les deux hommes appartiennent à la famille des Témoignages Rolex, mais leur histoire avec la marque n’a pas la même ancienneté : Federer y est associé depuis 2001, tandis que DiCaprio l’a rejointe en 2025.
Quatre saisons, quatre métaux, quatre univers de pierres

Chaque pièce associe un métal précieux à plusieurs pierres naturelles. Les cadrans et leurs compteurs sont taillés dans des matières différentes, tandis que les lunettes, les index, les cornes et les épaulements de protection de la couronne reçoivent un sertissage spécifique.
La Daytona Printemps adopte un boîtier en or gris 18 carats. Sa lunette est sertie de 36 saphirs violets taille trapèze totalisant environ 5,57 carats. Le cadran est façonné dans la chrysoprase et ses compteurs dans la lépidolite. Les heures sont indiquées par huit saphirs violets taille baguette et trois saphirs violets taille carrée, installés dans des chatons en or gris.
Le modèle Été passe à l’or Everose 18 carats. Sa lunette accueille 36 saphirs roses taille trapèze, pour un total d’environ 4,32 carats. Le cadran en turquoise contraste avec des compteurs en cœur de rubis. Huit saphirs roses taille baguette et trois saphirs taille carrée composent les index.
L’Automne retient l’or jaune 18 carats et 36 tourmalines vertes taille trapèze sur la lunette, là encore pour environ 4,32 carats. Son cadran en mookaïte présente les nuances naturellement changeantes de cette pierre australienne, tandis que ses compteurs sont réalisés en chrysoprase. Les index reprennent la tourmaline verte, avec huit pierres taille baguette et trois taille carrée.
L’Hiver, enfin, choisit le platine 950. Sa lunette est sertie de 36 saphirs taille trapèze formant un dégradé du fuchsia vers le bleu, pour environ 5,57 carats. Le cadran en opale bleue s’accompagne de compteurs en lapis-lazuli. Cette version abandonne les pierres de couleur pour ses index, remplacés par huit diamants taille baguette et trois diamants taille carrée montés sur des chatons en or gris.
Les quatre montres partagent le même traitement des cornes et des épaulements de protection de la couronne, sertis de 54 diamants taille brillant représentant environ 0,86 carat. L’ensemble des caractéristiques est détaillé sur la page officielle de Rolex consacrée à la vente.
Une reconnaissance publique exceptionnelle chez Rolex
L’intérêt de l’événement dépasse la seule profusion de pierres précieuses. Rolex produit depuis longtemps des déclinaisons serties de ses modèles sportifs et réserve certaines configurations hors catalogue à une clientèle très restreinte. Des montres anciennes sont également considérées comme uniques ou presque uniques par les spécialistes. La marque, en revanche, confirme rarement elle-même l’unicité d’une création contemporaine.
C’est précisément ce qui distingue les Four Seasons. Rolex les présente officiellement comme quatre pièces uniques et leur consacre une communication publique, avec photographies et fiches techniques détaillées. Une telle démarche reste inhabituelle pour une manufacture qui entretient traditionnellement la plus grande discrétion autour de ses configurations les plus exclusives.
D’après SJX Watches, les quatre Daytona avaient été montrées à quelques invités pendant Watches and Wonders 2026, dans un espace privé du stand Rolex où les photographies étaient interdites. Le média précise également qu’elles devraient être vendues séparément, sous la forme de quatre lots, au cours d’un dîner de gala réunissant plusieurs centaines de personnes. Ces détails n’ont toutefois pas encore été confirmés publiquement par Rolex ou Phillips.
L’intérêt des collectionneurs était déjà considérable avant l’annonce de la vente. Hodinkee rapporte que Rolex aurait initialement envisagé d’attribuer l’ensemble par l’intermédiaire de son réseau de détaillants, pour un prix avoisinant 4 millions de francs suisses. Plus d’un millier de noms auraient alors été proposés. Le média présente néanmoins ce chiffre comme une information circulant dans les coulisses, et non comme une donnée confirmée par Rolex.
Deux causes défendues par Federer et DiCaprio
Créée en 2003, la Roger Federer Foundation agit en faveur de l’éducation des enfants en Afrique australe et en Suisse. Son objectif est notamment de leur permettre d’apprendre, de jouer et de se développer dans de meilleures conditions.
Re:wild a été lancée par une équipe de scientifiques spécialistes de la conservation, en collaboration avec Leonardo DiCaprio. L’organisation travaille à la protection et à la restauration des écosystèmes en partenariat avec les peuples autochtones, les communautés locales et les acteurs de terrain.
Rolex annonce que la totalité du produit de la vente bénéficiera aux deux organisations. Selon SJX, les sommes récoltées devraient être partagées à parts égales, un détail qui ne figure toutefois pas dans la communication officielle de la marque.
Le choix des quatre saisons dépasse ainsi le simple exercice esthétique. Il renvoie aussi bien au cycle naturel défendu par Re:wild qu’à l’idée de croissance et de transmission portée par la fondation de Roger Federer.
L’avis de We Love Watches
Il faut mesurer ce que cette opération représente pour une maison habituée à garder le silence sur ses pièces les plus exclusives. Rolex communique très peu sur les configurations spéciales réalisées pour certains clients et ne confirme presque jamais publiquement l’unicité d’une montre. La présentation officielle de quatre créations uniques, suivie d’une vente publique organisée avec Phillips, marque donc une véritable rupture dans les habitudes de la manufacture.
Le résultat sera forcément scruté. Les comparaisons avec la Daytona personnelle de Paul Newman, adjugée 17,75 millions de dollars en 2017, ont déjà commencé, même si les deux ventes obéissent à des logiques très différentes. La montre de l’acteur devait son prix à une provenance devenue légendaire ; les Four Seasons misent sur leur caractère unique, leur origine directe et la dimension caritative de l’opération.
Des références plus proches existent du côté des Daytona serties. La première Daytona Rainbow connue, une pièce en or gris produite vers 1994 et considérée comme probablement unique, a été adjugée 5,505 millions de francs suisses par Phillips en novembre 2024. Une Daytona référence 6270 en or jaune, diamants et saphirs, fabriquée vers 1988, avait atteint 3,69 millions de francs suisses en mai 2023. Phillips documente les deux résultats.
À ce stade, aucune estimation publique n’a été communiquée pour les Four Seasons. Les 4 millions de francs suisses évoqués par Hodinkee correspondent au prix auquel l’ensemble aurait initialement dû être vendu, et non à une estimation établie pour les enchères. La vente séparée des quatre pièces et la destination caritative des recettes pourraient pousser le total bien au-delà de ce montant.
On peut enfin saluer le travail réalisé sur les cadrans. La mookaïte, la lépidolite ou l’opale bleue restent des matières particulièrement inhabituelles chez Rolex. Elles rappellent que, derrière l’image de la Submariner en acier et de la montre-outil, la manufacture possède aussi une longue expérience des pierres ornementales, de la gemmologie et du sertissage. Rendez-vous le 28 septembre à Londres pour connaître le verdict.










1 Commentaire
La on touche le fond!!! On dirait une serie Chrono Fun de l’été pondue par Swatch. Je suis curieux de savoir combien ces mochetés vont récolter. A part aller au poignet d’un rappeur ou d’un Saoud tous deux experts en MAUVAIS GOUTS ULTIMES, je ne vois qui va vouloir acheter ces daubes. Le seul truc positif c’est qu’elles sont vendues pour une bonne oeuvre. La yellow gold me fait penser à une pizza faites par un pizzaiollo sous Lsd.
Merci tout de même pour l’ensemble de vos articles qui sont tjs tres interessants