Ce matin, le monde des aficionados de montres s’est réveillé avec deux mots affichés en grand dans la presse et sur les réseaux : « Royal » et « Pop ». Deux teasers lâchés dans la nuit par Swatch, sobres, efficaces, et absolument dévastateurs pour qui connaît un peu l’histoire horlogère. De quoi alimenter la campagne de teasing sur les réseaux sociaux et dans la presse papier orchestrée depuis déjà quatre jours par le groupe Swatch. We Love Watches vous propose un résumé des rumeurs.
Royal : une typographie qui en dit long
Ce n’est pas n’importe quelle typographie qui a été choisie dans cette campagne de teasing propagée dans la nuit. Le mot « Royal » reprend la police exacte utilisée par Audemars Piguet pour son branding Royal Oak, presque au pixel près.
Quant au « Pop », le P chevauche le O dans un graphisme qui ne laisse guère de place au doute. Le nom de code circule déjà partout : « Royal Pop », ou plus directement, « SwatchOak ».
Rendez-vous le 16 mai
Selon les publications de Swatch sur les réseaux sociaux, la date de lancement serait fixée au 16 mai 2026. Et un détail particulièrement solide vient crédibiliser la rumeur : le nom « ROYAL POP » a bel et bien été déposé (en juin 2024) par Swatch AG en classe 14, celle de la joaillerie et de l’horlogerie. On n’enregistre pas une marque pour rien.
Ce qui frappe, c’est que cette collaboration, si elle se confirme, n’aurait rien d’un coup de théâtre improvisé. Les signaux faibles s’accumulent depuis le lancement de la MoonSwatch en 2022. Lors du lancement de la Swatch x Blancpain, le compte Instagram officiel d’Audemars Piguet était venu commenter en demandant littéralement : « when do we launch ? » La communauté avait ri jaune. Ou peut-être ri d’anticipation.
À cela s’ajoute la relation personnelle étroite entre François-Henry Bennahmias et Nick Hayek, le CEO de Swatch Group. Un lien qui, visiblement, n’est pas resté purement mondain.
Bennahmias, fan assumé de la MoonSwatch
Il y a dans cette histoire un pied de nez de l’histoire assez savoureux. François-Henry Bennahmias, alors CEO d’Audemars Piguet, avait publiquement salué la MoonSwatch comme l’une des grandes idées de la conservatrice industrie horlogère suisse. Il estimait que cette démarche éduquait les jeunes générations aux icônes du secteur sans porter atteinte à l’intégrité des marques concernées.
Ce qu’on sait moins, c’est qu’il collectionnait personnellement les MoonSwatch, le grand patron de la maison qui vend des montres à 20 000 € minimum, qui craque pour une Swatch à 260 €. La boucle est bouclée ?
Une collaboration hors-groupe, c’est inédit

Il faut bien mesurer ce que représenterait ce lancement. Audemars Piguet n’appartient pas au Swatch Group, ce qui rendrait cette collaboration bien plus surprenante que la MoonSwatch (Omega x Swatch) ou la Blancpain x Swatch, qui restaient des opérations internes au groupe. On serait ici sur un tout autre niveau de complicité, et de prise de risque.
AP a sans doute regardé avec intérêt la folie « CasioOak » autour de G-Shock. Une collaboration de ce type leur permettrait de monétiser encore davantage l’un des designs les plus iconiques de l’horlogerie moderne.
Côté technique, les spéculations vont bon train. Les indices pointent vers le Sistem51, le mouvement mécanique entièrement automatisé de Swatch (comme sur la Scuba Fifty Fathoms de Blancpain x Swatch). Et ces lanières en cuir que Swatch agite sur Instagram ? Elles pourraient être des cordons, prévus pour porter la montre en pendentif autour du cou. Cela semble fou, c’est probablement pour ça que c’est crédible.
La MoonSwatch était sortie à 260 €. Une Swatch x AP Royal Oak pourrait se situer un peu plus haut, tout en restant à une fraction infime du prix d’un vrai Royal Oak à plus de 20 000 €.
La communauté s’emballe
Sur Reddit, TikTok et Instagram, les renders et mockups pullulent déjà. Certains prédisent des files d’attente qui feront passer le lancement de la MoonSwatch pour une sortie tranquille. D’autres estiment qu’AP ne s’abaisserait jamais à collaborer avec une marque dont les montres coûtent moins de 100 €, et que cela viendrait ternir la mythologie du Royal Oak. C’est exactement cette tension qui rend le sujet aussi explosif.
Pour l’heure, ni Swatch ni Audemars Piguet n’ont confirmé quoi que ce soit officiellement. Mais les indices, la typographie, le dépôt de marque, le teasing coordonné, l’historique des relations entre les deux maisons, forment un faisceau qui ne laisse plus grand-chose au hasard. Rendez-vous le 16 mai. On sera là.









1 Commentaire
Les collabs de Swatch se faisaient avec des marques du Swatch Group ce qui n’est pas le cas d’AP donc ce serait vraiment une grosse surprise.
En tout cas si ça se fait vraiment et que ça ressemble aux illustrations je cours en boutique m’en prendre une 😀