La North Flag revient. Disparue du catalogue Tudor en 2021, elle refait surface cinq ans plus tard avec un nouveau mouvement, un cadran redessiné et une fonction GMT. Elle change aussi légèrement de nom : North Flag devient Northflag, en un seul mot. Présentée aujourd’hui sous la référence M9140G1A0U-0001, cette deuxième génération sera vendue 5 050 euros. Tudor a par ailleurs décidé de la réserver à ses boutiques.

Un modèle à part dans l’histoire récente de Tudor
En 2015, la North Flag n’avait pas été lancée comme une Tudor ordinaire. La presse avait rejoint une forêt suisse à bord d’un Land Rover Defender avant de découvrir la montre sous un tipi. Le décor annonçait une montre d’expédition. La vraie nouveauté se trouvait pourtant à l’intérieur.
Avec la Pelagos dévoilée la même année, la North Flag inaugurait la première génération de calibres Manufacture Tudor. Son MT5621 réunissait une réserve de marche de 70 heures, une date, une certification COSC et un indicateur d’autonomie placé à 9 heures. Tudor avait même choisi un fond transparent pour exposer ce nouveau mouvement.
La montre ne connut ensuite ni déclinaison supplémentaire ni véritable évolution. Elle quitta le catalogue en 2021, après six années passées dans l’ombre d’une famille Black Bay devenue tentaculaire. La nouvelle Northflag reste proche de cette première version, mais Tudor insiste davantage sur son autre source d’inspiration : la Prince Oysterdate Ranger II référence 9111 apparue en 1973.
Le bracelet intégré, les chiffres arabes surdimensionnés et l’aiguille des heures en forme de flèche viennent directement de cette montre. La North Flag de 2015 avait déjà repris une partie de ce vocabulaire.
Même diamètre, boîtier affiné
Le boîtier mesure toujours 40 mm. Son épaisseur descend à 12,7 mm, une dimension assez contenue pour une automatique équipée d’une fonction GMT. L’acier 316L alterne surfaces satinées et détails polis.
La lunette change davantage. Tudor abandonne le mince anneau de céramique noire qui entourait la première North Flag au profit d’une lunette entièrement réalisée en acier. Le résultat est plus homogène. Peut-être aussi un peu moins étrange, ce que les propriétaires du premier modèle ne considéreront pas forcément comme un progrès.
La Northflag possède une glace saphir bombée, une couronne vissée et un fond transparent en saphir. Elle est étanche à 100 mètres. Son bracelet intégré adopte une construction à deux mailles, principalement satinée, avec des chanfreins polis. Le fermoir T-fit permet de modifier sa longueur sans outil, sur cinq positions et une course totale de 8 mm.
Le cadran noir reste immédiatement reconnaissable. Les grands chiffres et les index sont réalisés en céramique monobloc luminescente. La date apparaît toujours à 3 heures, tandis qu’un rehaut incliné à 45 degrés accueille la graduation sur 24 heures.
Deux aiguilles jaunes animent l’ensemble : celle des secondes et la nouvelle aiguille GMT en forme de flèche. L’aiguille des heures locale reprend elle aussi une pointe en forme de flèche, mais reste en acier, tout comme l’aiguille bâton des minutes.
Une GMT faite pour changer de fuseau horaire
Le calibre Manufacture MT5652-U n’est pas entièrement nouveau. Tudor l’utilise déjà dans la Pelagos FXD GMT. Son arrivée dans la Northflag change néanmoins la vocation de la montre.
L’aiguille des heures locale se règle indépendamment, par sauts d’une heure en avant ou en arrière. Les minutes et l’aiguille 24 heures continuent leur course pendant l’opération. La date suit le mouvement lorsqu’on franchit minuit, y compris lors d’un réglage à rebours.
La Northflag appartient donc à la catégorie des GMT dites « flyer », pensées pour les voyageurs. À l’arrivée, il suffit de déplacer l’heure locale sans toucher à l’heure de référence. Le mouvement offre 65 heures de réserve de marche, soit cinq heures de moins que l’ancien MT5621. Il possède un spiral en silicium et un rotor ajouré en tungstène, visible à travers le fond du boîtier.
Le calibre est d’abord certifié par le COSC, puis la montre complète par METAS. Le standard Master Chronometer impose une précision comprise entre 0 et +5 secondes par jour. Il vérifie également le fonctionnement de la montre sous un champ magnétique de 15 000 gauss, ainsi que son étanchéité et sa réserve de marche.
5 050 € et une distribution limitée aux boutiques Tudor
Tudor ne confiera pas la Northflag à l’ensemble de ses revendeurs agréés. Elle sera uniquement disponible dans les boutiques portant les couleurs de la marque. Ceux qui n’habitent pas à proximité de l’une de ces adresses devront donc prévoir le déplacement.
Son prix français s’établit à 5 050 €. La Black Bay Pro GMT sur bracelet acier coûte actuellement 4 650 €, soit 400 € de moins. La comparaison ne tourne pas systématiquement à l’avantage de la Northflag. Son boîtier est plus fin et son bracelet bénéficie du système T-fit. Elle ajoute aussi la certification METAS. La Black Bay Pro répond avec un boîtier de 39 mm, une étanchéité à 200 mètres et environ 70 heures de réserve de marche. Elle est cependant nettement plus épaisse, avec 14,6 mm annoncés.
L’avis de We Love Watches
La North Flag avait quelque chose que beaucoup de Tudor modernes n’ont pas : elle ne ressemblait ni à une ancienne Rolex ni à une énième montre de plongée néo-rétro. Son dessin anguleux, son bracelet intégré et ses touches de jaune lui donnaient une vraie personnalité. On pouvait ne pas l’aimer, mais elle était difficile à confondre avec une autre montre du catalogue.
Cette nouvelle génération conserve l’essentiel. La fonction GMT colle bien au thème de l’exploration et sera plus utile au quotidien que l’ancien indicateur de réserve de marche. Ce dernier va tout de même nous manquer. Il déséquilibrait légèrement le cadran, occupait beaucoup de place et donnait justement à la première North Flag une allure inhabituelle.
Même réserve concernant la disparition de la céramique noire sur la lunette. La nouvelle version paraît mieux rangée, plus cohérente, presque assagie. La première avait davantage de caractère. À 5 050 €, Tudor place la Northflag juste au-dessus de la Black Bay Pro. Le supplément reste raisonnable compte tenu du bracelet intégré, du boîtier plus fin et de la certification Master Chronometer. La vente exclusive en boutique est plus difficile à défendre du point de vue du client, surtout en dehors des grandes villes.
Pour l’instant, Tudor ne propose qu’un cadran noir et une seule référence. Cela suffit déjà à replacer la Northflag dans le catalogue. Reste maintenant à voir si elle y restera seule ou si Tudor compte enfin en faire une véritable famille.
Prix : 5 050 €








