Pour sa première année comme chronométreur officiel de The Rift, la course de gravel qui traverse les champs de lave du sud de l’Islande, Baltic en tire une Hermétique limitée à 400 exemplaires. Le partenariat n’est pas la seule nouveauté : pour la première fois, la field watch de la marque parisienne existe aussi en 34 mm (vs 37 mm auparavant).
Du gravel, de la lave et un chronométreur parisien
On connaissait Baltic pour ses chronographes bicompax, ses plongeuses Aquascaphe et, depuis 2023, pour l’Hermétique, sa montre de terrain (d’où le « field watch » du titre de cette actualité) compacte au cadran luminescent. On la découvre maintenant sur les pistes volcaniques islandaises. La marque fondée en 2017 par Étienne Malec signe ici une édition spéciale en deux tailles.
The Rift fait partie des épreuves de gravel les plus réputées d’Europe. Au départ d’Hvolsvöllur, dans le sud de l’Islande, les coureurs enchaînent champs de lave, gués et landes désertes, sur un parcours principal de 200 km. Pour la septième édition, disputée mi-juillet 2026, l’organisation a même ajouté The Abyss, une boucle de 330 km en partie en autonomie et réservée à une quarantaine de coureurs triés sur le volet.
Près de 900 cyclistes ont pris le départ cette année. Chez les hommes, la victoire est revenue au Norvégien Anton Stensby, et chez les femmes à la Canadienne Haley Smith. Nino Schurter, multiple champion du monde de VTT cross-country, a terminé dixième.
C’est sur cette édition que Baltic a assuré pour la première fois le chronométrage officiel. La marque a voulu élargir l’affaire au-delà du cadran : Specialized a peint à la main un cadre de son gravel Diverge aux couleurs de la montre, disponible sur demande auprès de Baltic, et Isadore propose un maillot et un cuissard assortis sur son propre site. Pour un horloger dont l’équipe roule beaucoup, la démarche a sa logique.
Un cadran entre glace et basalte
La palette annoncée par Baltic s’inspire du noir volcanique, du vert mousse et de l’eau glaciaire, et se retrouve sur un cadran unique, identique pour les deux tailles. Le centre est blanc mat et entièrement luminescent.
Il est cerclé de deux lames d’acier poli et entouré d’un chemin de fer en carbone forgé, dont les veines sombres rappellent la roche des champs de lave. Les chiffres arabes à 12, 3, 6 et 9 sont bleu glacier, les index bâtons vert d’eau. Ces appliques en Super-LumiNova BGW9 et C3, épaisses d’environ 0,5 mm, chevauchent par endroits les deux zones du cadran, ce qui lui donne du relief. Les aiguilles seringues en acier poli sont garnies de BGW9, et a pastille « lollipop » de la trotteuse se trouve sur sa partie longue.
Le carbone forgé fait une entrée encore timide chez Baltic. La nuit, le centre blanc s’illumine sur toute sa surface et le rail en carbone reste sombre : la lisibilité devrait être au rendez-vous.
34 mm, une première pour l’Hermétique
La vraie nouveauté se trouve du côté du boîtier. Jusqu’ici, l’Hermétique n’existait qu’en 37 mm pour 46 mm de corne à corne et 20 mm d’entre-corne. La version 34 mm descend à 42,5 mm de corne à corne et passe à 18 mm entre les cornes, pour garder des proportions cohérentes. L’épaisseur ne bouge pas : 10,8 mm au total, dont seulement 8,3 mm pour le boîtier seul, le reste revenant au verre saphir double dôme traité antireflet sur sa face interne.
Pour le reste, on retrouve la fiche de l’Hermétique. Le boîtier en acier 316L est entièrement brossé, à l’exception de la lunette polie, l’étanchéité atteint 150 mètres et la couronne reste intégrée au flanc à 3 heures, ce qui permet de porter la montre au poignet gauche comme au droit sans qu’elle morde la main. À l’intérieur, Baltic conserve le Miyota 9039 automatique, sans date, qui bat à 28 800 alternances par heure avec 42 heures de réserve de marche et une fonction stop seconde. La montre est livrée sur un bracelet en caoutchouc fluoré FKM au motif tropic, en bleu clair ou en noir, chacun en taille M ou S.
L’avis de We Love Watches
On attendait une Hermétique plus petite depuis un moment, et la voilà. Avec 42,5 mm de corne à corne, la 34 mm devrait aller aux poignets fins qui trouvaient la 37 mm un peu longue, et elle prend place dans un segment où les montres mécaniques de ce diamètre restent rares sous les 1 000 €. Une réserve tout de même : l’épaisseur reste de 10,8 mm sur les deux tailles, et sur un diamètre de 34 mm, elle paraîtra forcément plus présente. Le gros dôme saphir aide à l’alléger visuellement, mais il faudra la voir au poignet pour juger.
Le cadran nous plaît beaucoup. Le blanc luminescent, le bleu glacier et le vert d’eau composent une palette fraîche, et le carbone forgé, qui fait parfois toc sur des montres plus clinquantes, trouve ici une justification géologique qui tient la route. Le Miyota 9039 n’a rien d’excitant, Baltic annonce une tolérance de -10 à +30 secondes par jour, mais il est éprouvé et facile à entretenir. C’est lui qui permet de rester sous la barre des 750 €.
Reste le prix. À 744 €, The Rift coûte environ 80 € de plus qu’une Hermétique Tourer de série, proposée à partir de 660 € sur caoutchouc. L’écart paie le carbone forgé, le cadran inédit et le tirage limité. Ceux qui roulent ou qui ont un faible pour l’Islande n’hésiteront pas. Les autres pourront se consoler en pensant qu’une Hermétique 34 mm de série pourrait bien suivre un jour, même si Baltic n’a rien annoncé en ce sens.
Prix : 744 € avec un bracelet caoutchouc Rubber Sport (version 34 mm ou 37 mm). Chaque taille est limitée à 200 exemplaires numérotés, soit 400 montres au total. Livraisons prévues à partir du 21 octobre 2026.









