Il y a des montres dont on attend la refonte depuis longtemps, en sachant pertinemment que la marque en est capable. La Tissot Visodate en faisait partie. La version Heritage, née dans les années 2010, avait le bon goût de puiser dans les archives de la maison locltoise, mais souffrait de défauts typiques de son époque : proportions trop généreuses, détails un peu grossiers, cadran trop plat. Tissot a décidé de corriger le tir de fond en comble, et le résultat, pour 2026, est convaincant ! Cerise sur le gâteau, nous avons pu brièvement la prendre en main (ou plutôt au poignet).
Visodate : une marque vis(i)o -nnaire ?
Revenons un instant sur les origines. La Visodate naît en 1954, une année après le modèle Centenary qui avait permis à Tissot de revendiquer, avant Rolex, le déclenchement instantané du guichet de date à minuit sur une montre automatique.
La Visodate, dont le nom résume à lui seul la raison d’être, décline ce principe sur toute une gamme : Seastar, Camping, Seven. Le concept essaime. La date affichée en guichet à 3 heures devient une signature de la maison. Soixante-dix ans plus tard, la nouvelle Visodate s’inscrit dans la continuité de ce travail de fond que Tissot mène depuis quelques années sur ses collections classiques, après le succès retentissant de la PRX.

Un boîtier plus compact et plus fin
La boîte passe à 39 mm de diamètre et surtout à 10,45 mm d’épaisseur, soit respectivement 1 mm et 1,2 mm de moins que la génération précédente. Ce seul chiffre change tout au porté. Les cornes, à l’intérieur brossé et aux tranches polies, introduisent ce jeu de contrastes qui donne à la montre une présence bien supérieure à son prix.
Le biseau de la lunette est mince et poli, la couronne prend une forme oignon cannelée fidèle aux originaux des années 1950, et le verre saphir bombé, dit « box-shaped », retrouve la courbure caractéristique des montres d’avant-garde de l’époque. Le fond saphir vissé, permet quant à lui d’apercevoir le mouvement tout en garantissant 50 mètres d’étanchéité, suffisant pour un usage quotidien.
Le cadran est peut-être la meilleure surprise de cette nouvelle Visodate. Là où la version Heritage proposait une surface plate et relativement sans relief, Tissot opte ici pour un cadran légèrement bombé. Sa surface combine deux types de finitions, brossage circulaire et brossage vertical, qui jouent avec la lumière ambiante selon l’angle de vue.
Une rehausse intérieure biseautée encadre l’ensemble et porte le rail des minutes et des secondes. Le guichet de date, légèrement trapézoïdal, est souligné d’un fin filet, clin d’œil assumé au modèle de 1954. Les index appliqués, facettés et polis, intègrent de petits plots de Super-LumiNova. Les aiguilles Dauphine, plus fines que sur la génération précédente, reçoivent elles aussi le traitement lumineux.
Une collection, trois déclinaisons
Trois versions composent la collection Visodate de Tissot. Les modèles à cadran bleu nuit et à cadran noir sont associés à un bracelet grains de riz en acier inoxydable d’inspiration vintage, avec des maillons à finition mixte qui rappellent les bracelets des années 1960 et 1970.
L’indice or 12 heures du modèle argenté, lui, se marie à un bracelet en cuir brun à embossage crocodile, pour une proposition délibérément habillée et très lisible. Sur les modèles sombres, la roue des dates est noire, pour un intégration plus discrète dans l’ensemble.
Au dos du boîtier, le classique calibre automatique Powermatic 80 tourne à 21 600 alternances par heure et offre une réserve de marche de 80 heures. Dérivé du ETA 2824 avec une chaîne cinématique révisée, il embarque un spiral Nivachron résistant aux champs magnétiques.
La hausse de tarif par rapport à la génération précédente, de l’ordre d’une centaine d’euros, se justifie au regard du soin apporté au boîtier, à la finition du cadran et à la qualité du bracelet. Avis aux amateurs / trices ! La Visodate 2026 n’est pas une simple remise à jour cosmétique : c’est une refonte complète, menée avec rigueur, qui hisse la montre vers quelque chose de nettement plus désirable.
Prix :
- Tissot Visodate 39 mm, cadran bleu, bracelet grains de riz acier (réf. T157.407.11.041.00) : 875 €
- Tissot Visodate 39 mm, cadran noir, bracelet grains de riz acier (réf. T157.407.11.051.00) : 875 €
- Tissot Visodate 39 mm, cadran argenté, bracelet cuir brun (réf. T157.407.16.031.00) : 795 €









4 Commentaires
Je la trouve franchement très réussie ! Le cadran, l’intégration de la date, le chemin de fer dans le rehaut. Le design me fait un peu penser à l’ultra chron rééditée de Longines qui est sortie il y a pas longtemps même si elles sont assez différentes.
À voir en vrai mais si elle est aussi belle qu’en photo, pour moins de 900€ ça peut faire de très belles ventes.
Bonjour Traos,
Vous avez raison ! Les deux modèles sont tout à fait comparables d’un point de vue esthétique. La réédition de la Longines Ultra Chron et cette nouvelle Tissot Visodate ont en commun un style typique des montres des années 1960. Sur la Tissot, j’apprécie aussi le fond de boîte dodécagonal ainsi que le guichet de date pas tout à fait rectangulaire. Deux détails qui me rappellent les références d’époque portant le même nom.
O.
Bonjour Alexandre, bel article et jolie montre.
Question : j’adore les bracelets « grain de riz », mais pourquoi ont‑ils aussi mis l’extérieur en acier ? Est‑ce que ça ne gâche pas la souplesse du grain de riz ?
Et une considération esthétique : dans une finition sobre, pourquoi faut‑il toujours ajouter du texte inutile ? Ici j’aurais mis uniquement le logo Tissot, sans inscrire « Tissot » ni « Visodate »; pour moi c’est superflu.
Quel est votre avis ?
Merci et bon weekend.
Bonjour,
Bonne question. J’aurais tendance à penser que ça résiste mieux au temps et ça donne l’illusion d’être plus quali. Mais je peux me tromper.
Toutes les marques ont ce besoin d’apparaitre sur le cadran des montres. Heureusement il reste quelques irréductibles comme Serica qui ont enfin compris que nous ne sommes pas des objets publicitaires. La suggestion d’une marque ou d’un logo suffit.