Il est rare qu’un retour de marque soit attendu avec autant d’impatience que celui d’Universal Genève. Fondée en 1894, disparue dans le tourbillon de la crise du quartz dans les années 1980, Universal Genève resurgit aujourd’hui avec une clarté de vision et un niveau d’ambition qui, dès les premières images, impose le respect. La nouvelle Polerouter, annoncée quelques jours avant Watches and Wonders 2026, est le catalyseur de ce retour.
La genèse d’une icône
Pour comprendre ce que représente la Polerouter, il faut remonter à 1954. Un jeune designer de 23 ans, Gérald Genta, reçoit alors la commande de la Scandinavian Airlines pour concevoir une montre capable d’accompagner les pilotes lors des tout premiers vols transpolaires entre l’Europe et les États-Unis.
Evelyn, la veuve du designer, a confié que lorsque Gérald évoquait sa carrière, il commençait toujours par la Polerouter et Universal Genève, ajoutant que c’était le commencement de tout. Ce n’est pas un détail anecdotique : la Polerouter précède la Royal Oak, la Nautilus, et presque toutes les grandes créations qui feront de Genta le couturier de la montre. Universal Genève, consciente du poids de cette filiation, a choisi d’en faire l’axe central de son retour.
Un (re)lancement stratégique

C’est à la fin 2023 que l’on a appris que le groupe derrière Breitling avait acquis Universal Genève, avec l’intention de restaurer la plus grande marque horlogère perdue à sa place légitime.
Georges Kern, CEO de Breitling, pilote l’opération avec un projet structuré : une nouvelle adresse historique rue du Rhône à Genève, un catalogue pensé comme une maison de couture avec ses collections permanentes baptisées Prêt-à-Porter et ses éditions saisonnières Capsule, et une gamme qui va bien au-delà de la seule Polerouter pour englober le Compax chronographe, la Cabriolet Art Déco, la Disco Mini et des pièces Signature.
La Polerouter reste néanmoins la pièce de résistance du lancement.
L’esthétique : une fidélité maîtrisée
La nouvelle Polerouter se décline en deux diamètres, 39 mm et 37 mm, et reprend avec une précision évidente les codes visuels qui ont fait la célébrité de l’originale. Les signatures de boîtier sont toutes présentes : lunette lisse, anses vrillées et bracelet brique accompagnant la version acier à cadran bleu.
La caractéristique la plus immédiatement reconnaissable reste le cadran à réticule, ce motif en croix qui divise la surface en quatre quadrants avec des finitions alternées, soleil et mat, créant un effet de profondeur très proche des références vintage. La version 39 mm mesure 9,5 mm d’épaisseur pour 47,6 mm d’entraxe, ce qui est particulièrement bien proportionné pour un automatique à remontage micro-rotor.
Les références Prêt-à-Porter en 39 mm proposent un choix de cadran bleu ou noir en acier, et brun chocolat en or rose 18 carats. Les versions 37 mm, sans date, élargissent la palette avec des exécutions plus classiques ou plus ornementales. L’entraxe du mouvement UG-110 de 32 mm lui permet de s’adapter à la fois aux boîtiers 37 mm et 39 mm, garantissant une continuité mécanique entre les deux formats.
Les collections Capsule ajoutent une troisième dimension en faisant appel à des cadrans en pierre naturelle : lapis-lazuli, œil-de-tigre et œil-de-taureau, une proposition qui s’inscrit dans la tendance du moment sans paraître opportuniste, tant l’esthétique de la Polerouter s’y prête naturellement.
Le calibre UG-110 : la continuité du Microtor
La décision la plus importante prise par l’équipe de relance est peut-être celle-ci : alimenter la nouvelle Polerouter avec un micro-rotor, exactement comme l’original. Ce n’était pas une obligation, c’était un choix. Avec le calibre UG-110, Universal Genève continue la tradition de son expertise en micro-rotor et présente un mouvement conçu spécifiquement pour la collection Polerouter, caractérisé par un profil plat de 3,8 mm.
Il s’agit d’un automatique qui offre 72 heures de réserve de marche, bat à 4 Hz et se remonte via un rotor trois-quarts en or intégré, qualifié de Microtor par la marque. Les fonds saphir permettent de l’admirer sur chaque référence. Le calibre présente un pont de balancier double face renforcé, cohérent avec l’étanchéité sportive de 100 mètres affichée par toute la gamme.
Bien que la conception et le développement soient entièrement le fruit de la vision de la marque, la production du mouvement est assurée par le spécialiste suisse LTM (Le Temps Manufactures SA) à Fleurier. Cette transparence sur la sous-traitance mérite d’être soulignée : dans un secteur où le terme « manufacture » est souvent utilisé de façon libérale, Universal Genève choisit la clarté.
L’avis de We Love Watches
La Polerouter 2026 est une réussite de positionnement autant que de design. Elle ne se contente pas d’exploiter la nostalgie d’un nom oublié, elle établit un programme horloger cohérent, un mouvement fidèle à l’ADN de la marque, des proportions justes et une palette de variantes suffisamment large pour toucher plusieurs profils de collectionneurs sans se disperser.
Attention cependant, les livraisons sont attendues pour l’automne 2026. L’attente est amplement méritée.
Les prix de la nouvelle Polerouter débutent à CHF 14 000 (environ 14 700 euros) pour la version acier à cadran noir sur bracelet cuir, et peuvent atteindre CHF 65 100 (environ 68 500 euros) pour les éditions Capsule en or rose avec cadran en œil-de-tigre et bracelet assorti.










2 Commentaires
CHF 14’000 pour un produit somme toute banal c’est pas donné! A ce tarif là il ya mieux dans des marques plus prestigieuses.
C’est un pari risqué ! Ca va faire monter la cote des montres d’occasion en tout cas.