Deux ans après une première Defy Skyline Paris Edition qui misait sur les lignes tranchantes du Paris moderne, Zenith retente l’exercice de l’hommage à la capitale française dans un registre nettement plus patrimonial. La nouvelle Chronomaster Original Paris Edition, dévoilée cet été et limitée à 50 exemplaires exclusivement destinés au marché français, adopte un cadran dégradé vert-de-gris directement inspiré de la patine des toitures en cuivre parisiennes. Un choix chromatiqueculturellement chargé, qui donne à l’iconique A386 de 1969 une identité nouvelle sans dénaturer sa silhouette d’origine.

Un cadran vert-de-gris inspiré des toits de cuivre parisiens
Zenith a développé pour l’occasion une finition dégradée vert-de-gris qui rend hommage à cette teinte si caractéristique de l’oxydation du cuivre au fil des décennies. Une couleur que l’on retrouve sur les dômes du Panthéon, sur la toiture de l’Opéra Garnier, sur les couvertures des immeubles haussmanniens et sur une quantité de détails architecturaux qui composent la ligne d’horizon de la capitale.
La texture, volontairement granuleuse plutôt que lisse, cherche à imiter le rendu brut d’un cuivre oxydé par le temps, dans une exécution qui gagne beaucoup à être observée sous différents angles de lumière. Le dégradé s’assombrit vers le pourtour du cadran pour tirer presque vers le noir au niveau du rehaut, ce qui apporte une belle profondeur visuelle.
Rupture assumée par rapport à la tradition El Primero, les trois compteurs superposés typiques de la Chronomaster ont abandonné leurs couleurs bleu, gris et anthracite habituelles pour adopter une déclinaison ton sur ton dans plusieurs nuances de vert, avec des graduations blanches imprimées pour préserver la lisibilité. Un guichet de date discret prend place à 4h30, sans perturber la symétrie générale du cadran, et les aiguilles comme les index sont rhodiés et facettés, recouverts de Super-LumiNova SLN C1.

L’ADN de l’A386 de 1969 dans un format 38 mm
Sur le plan des proportions, la Paris Edition reste fidèle à l’héritage de la référence A386 originelle de 1969, cette pionnière qui inaugurait il y a 57 ans le tout premier chronographe automatique intégré haute fréquence de la marque.
Le boîtier en acier inoxydable conserve ainsi un diamètre parfaitement mesuré de 38 mm pour 12,9 mm d’épaisseur, avec un mélange satiné dessus et poli miroir sur les flancs. Les poussoirs de chronographe adoptent la forme pompe caractéristique, les cornes s’effilent élégamment, et le verre saphir prend un profil bombé façon box-shape qui préserve cette petite dose de charme vintage désormais essentielle à toute réinterprétation contemporaine.
L’étanchéité reste modeste à 50 mètres, en cohérence avec le positionnement urbain assumé de la pièce, et le fond saphir vissé porte la mention gravée « ÉDITION PARIS » ainsi qu’une numérotation individuelle de 1 à 50.

Un El Primero 3600 et le nouveau fermoir Zenclasp
Sous le cadran, on retrouve le fameux calibre El Primero 3600, l’un des chronographes automatiques les plus aboutis du catalogue Zenith. Battant à 5 Hz, il offre une réserve de marche de 60 heures et embarque 35 rubis, avec une architecture à roue à colonnes et embrayage horizontal.
Sa particularité la plus remarquable reste sa capacité à afficher le 1/10e de seconde grâce à une aiguille centrale de chronographe qui parcourt le cadran en 10 secondes, un tour de force horloger que peu de calibres actuels sont capables d’égaler. Le mouvement affiche par ailleurs une masse oscillante ajourée en forme d’étoile visible à travers le fond saphir.
Autre nouveauté à mentionner, le bracelet acier trois mailles à liens brossés et polis alternés reçoit le tout nouveau fermoir Zenclasp développé sur trois années par la manufacture. Ce système comporte 41 composants dont 10 billes en céramique, et intègre surtout un micro-ajustement sans outil par pas de 2,5 mm pour une amplitude totale de 10 mm. Une innovation particulièrement bienvenue à ce niveau de prix, qui manquait aux précédentes générations de Chronomaster. La pièce est également livrée avec un bracelet supplémentaire en cuir nubuck noir équipé d’une boucle déployante triple.

L’avis de We Love Watches
Cet exercice de style patrimonial parisien est une petite réussite dans un registre où la surenchère culturelle guette souvent les collaborations locales. Le pari du vert-de-gris est particulièrement fin, car il s’inscrit dans une lignée horlogère prestigieuse initiée notamment par certaines Reverso Métiers Rares chez Jaeger-LeCoultre, tout en apportant une lecture proprement zenithienne à travers son architecture Chronomaster inchangée.
Le rendu tonal des sous-compteurs, en trois nuances de vert au lieu du tricolore historique de l’El Primero, participe pleinement à la cohérence graphique de l’ensemble et lui donne une signature contemporaine que peu de collectionneurs pourront reprocher. La disponibilité exclusive sur le marché français constitue un choix commercial intéressant, qui protège la rareté effective de la pièce et devrait garantir sa cote de collection à moyen terme.
Les 50 exemplaires devraient donc trouver preneur rapidement, d’autant que Zenith réserve l’accès uniquement via son site officiel français dans un premier temps, avant que les boutiques parisiennes ne complètent la distribution à partir de septembre. Un regret légitime pour les collectionneurs américains et asiatiques amateurs de la maison du Locle, qui devront se contenter de suivre la Chronomaster Original Paris Edition depuis leur écran ou tenter leur chance sur le marché secondaire à venir.
Prix : 11 800 €, édition limitée à 50 exemplaires





