Baltic franchit une nouvelle étape avec son chronographe Scalegraph. Jusqu’ici cantonné aux éditions spéciales liées à ses partenariats sportifs, à commencer par le Tour Auto puis la Transat Café L’Or, le modèle entre désormais dans le catalogue permanent de la marque parisienne, et arrive accompagné de trois cadrans inédits déclinés en champagne, bleu et gris. L’occasion pour la marque de pérenniser un boîtier revu en profondeur l’année dernière, et d’affirmer un peu plus son ambition sur le segment du chronographe néo-vintage à remontage manuel.
Un boîtier revu, désormais étanche à 100 mètres
C’est sur l’enveloppe que la transformation est la plus visible. Le diamètre de 39,5 mm est conservé, tout comme la dimension corne à corne de 47 mm, mais Baltic a entièrement redessiné le boîtier en acier 316L.
Les cornes s’élargissent et se font plus carrées, les arêtes deviennent plus vives, et le brossage circulaire qui couvrait jadis le dessus des cornes laisse place à un brossage vertical, plus structurant. Les poussoirs sont désormais vissés et la couronne, gravée, accompagne ce passage à un registre nettement plus sportif.
La conséquence concrète, c’est une étanchéité portée à 100 mètres, là où la première Scalegraph plafonnait à 50 mètres. Un verre saphir double dôme à traitement antireflet interne vient compléter l’ensemble, et conserve cette silhouette légèrement bombée qui rappelle les chronographes des années 1960 dont la pièce s’inspire. L’épaisseur est annoncée à 14,1 mm, ce qui reste raisonnable compte tenu de l’architecture du mouvement embarqué.
Trois cadrans pour une nouvelle identité visuelle
Le trio de lancement adopte la même architecture tricompax mais joue sur les ambiances. Le cadran champagne et le cadran gris reçoivent une finition métallisée plutôt sobre, tandis que le bleu opte pour une laque brillante qui accroche davantage la lumière. Tous les trois sont surmontés d’une lunette tachymétrique en aluminium brossé assortie à la couleur du cadran, ce qui renforce la cohérence chromatique de chaque exécution.
À l’intérieur des compteurs, Baltic mise sur le contraste avec un fini guilloché beige clair, encadré d’un cerclage poli qui apporte de la profondeur et fait écho aux index ronds appliqués du chemin de fer. Les aiguilles dauphines des heures et des minutes en acier poli reçoivent un revêtement de Super-LumiNova BGW9, tout comme les index, garantissant une lisibilité correcte une fois la lumière tombée.
Difficile de ne pas y voir un travail de maturation par rapport aux premières Tricompax de la marque, plus monolithiques dans leur approche graphique.
Un calibre Sellita SW510-M à remontage manuel
Sous le cadran, on retrouve le Sellita SW510-M, calibre chronographe à remontage manuel dérivé de l’architecture éprouvée du Valjoux 7750. Le mouvement bat à 4 Hz, dispose de la fonction stop seconde et affiche une réserve de marche généreuse de 63 heures, soit l’équivalent d’un long week-end sans relancer la montre.
Le choix du remontage manuel, déjà présent sur les précédentes Scalegraph, reste un parti pris assumé. Il permet de conserver une épaisseur contenue par rapport à une version automatique équivalente, et offre cette interaction tactile que les passionnés de chronographe mécanique apprécient particulièrement. La réputation de fiabilité du calibre Sellita ne se discute plus, et son entretien reste accessible à tout horloger formé, ce qui constitue un argument non négligeable à ce niveau de prix.
La nouvelle collection est proposée sur trois bracelets différents. Le cuir de veau italien constitue l’option d’entrée de gamme et fait écho à l’esprit vintage de la pièce. Pour ceux qui souhaitent assumer pleinement la dimension sport, deux bracelets métalliques sont disponibles, l’un en maille Grain de riz et l’autre dans un style Flat link plus moderne. L’entre-corne de 20 mm laisse en outre une grande latitude pour adopter d’autres bracelets tiers.
L’avis de We Love Watches
Avec cette intégration en collection permanente, Baltic boucle une trajectoire entamée en 2017 avec le Bicompax Kickstarter, et confirme que son chronographe est devenu l’un des plus aboutis du segment néo-vintage à prix maîtrisé.
La marque ne révolutionne rien et n’en a pas besoin : elle affine un produit déjà solide, en lui apportant ce qui lui manquait pour s’imposer comme un chronographe polyvalent du quotidien. Les poussoirs vissés et les 100 mètres d’étanchéité changent réellement la donne, et offrent une tranquillité d’esprit absente des premières générations.
Reste la question du choix entre les trois cadrans, et il faudra probablement les voir au poignet pour se décider, car les rendus métallisés du champagne et du gris fonctionnent dans des registres assez différents de celui, plus expressif, du bleu brillant.
Un seul regret, qui n’en est presque plus un tant on s’y attendait, l’absence d’option automatique pour ceux qui n’aiment pas remonter leur montre. Mais c’est précisément le caractère manuel du SW510-M qui donne à la Scalegraph cette tonalité d’objet horloger un peu plus engagé que la moyenne.
Prix : 1 968 € TTC sur bracelet cuir, 2 040 € TTC sur bracelet Grain de riz ou Flat link









