Romaric André avait transformé une plongeuse en montre de bureau. Il fait maintenant l’inverse. Deux ans après la C65 Desk Diver, Christopher Ward et seconde/seconde/ remettent le couvert avec la C60 Pool Diver, une montre qui part du principe que les vacances aussi méritent un planning sérieux. C’est la quatrième collaboration entre les deux, et elle arrive à point nommé.
Le principe
La « Desk Diver » jouait sur la réalité de la plupart des porteurs de plongeuses : des gens qui passent leurs journées derrière un écran plutôt qu’à vingt mètres sous l’eau. La « Pool Diver » retourne le concept. On prend la C60 Trident Reef, une vraie plongeuse 200 mètres, et on la transforme en guide de survie pour les semaines au bord de la piscine.
Le cadran blanc mat est divisé en cinq zones colorées, avec leurs icônes correspondantes gravées sur la lunette en céramique blanche. La journée commence par une dose de lecture, se poursuit avec un indicateur de rapport bronzage/dommages cutanés, avant d’atteindre une zone de décompression au bord du bassin.
La date classique est remplacée par un verre à martini affichant le nombre d’unités d’alcool conseillées pour la journée, compteur qui ne peut évidemment qu’augmenter. On passe ensuite à la case « FLEX » avec son icône appareil photo, pour ceux restés au bureau et qu’il convient d’humilier sur Instagram.
La journée se termine sur une plage crépusculaire consacrée à la remise en question existentielle. Au dos, le plongeur gravé porte des tongs et porte un distributeur de crème solaire en lieu et place de la bouteille d’oxygène. La mention « Please, don’t drink and dive » conclut l’ensemble. C’est cohérent, bien écrit, et Romaric André, le fondateur de seconde/seconde/, réussit une fois de plus à glisser une vraie pique sur le comportement du montrophile dans un objet que ledit montrophile va quand même commander.
La montre sous les blagues
La base reste sérieuse. Le boîtier en acier 316L mesure 41 mm pour 11,5 mm d’épaisseur et 47,9 mm de corne à corne, avec verre saphir traité antireflets, couronne vissée et fond vissé.
L’étanchéité est garantie à 200 mètres, et la valve d’échappement d’hélium est bien là, elle aussi ornée d’un visuel thématique. Le mouvement est un Sellita SW200-1 en grade Élaboré, 38 heures de réserve de marche, 28 800 alt/h. Christopher Ward annonce une précision de ±20 secondes par jour, ce qui est honnête pour ce grade et franchement suffisant quand on n’a nulle part où être à l’heure.
Trois options de bracelet caoutchouc Aquaflex en bleu ciel, blanc ou orange, ou le bracelet acier Bader à trois maillons. Chaque boîte inclut un porte-boissons gonflable pour deux verres et deux pailles réutilisables. Le niveau de cohérence conceptuelle jusqu’à l’emballage, c’est assez rare pour être noté.
L’avis de We Love Watches
Il existe deux types de personnes face à la C60 Pool Diver : ceux qui éclatent de rire en voyant la fenêtre de date en forme de verre à martini, et ceux qui trouvent qu’on ne devrait pas dépenser plus de mille euros dans une blague.
Les deux positions se défendent. Ce qui est moins discutable, c’est que la base technique est solide, le prix raisonnable pour le niveau de finition, et que la cohérence du concept du cadran jusqu’à la boîte est réelle. Si vous avez des vacances cet été et un sens de l’humour encore intact, le timing est parfait.
Prix : 1 165 € sur bracelet caoutchouc, 1 375 € sur bracelet acier. La C60 Pool Diver n’est pas limitée en nombre, mais en fenêtre de commande : les précommandes sont ouvertes du 11 au 24 juin 2026, avec des livraisons prévues mi-juillet.








