À l’occasion de son dixième anniversaire, la micro-marque singapourienne Vario revisite l’un de ses modèles les plus singuliers. Le boîtier réversible de la Versa, jusque-là réservé à une configuration dual time animée par deux mouvements à quartz, accueille désormais un calibre automatique et un seul affichage. Une évolution qui simplifie la formule sans en trahir l’esprit, et qui replace cette rectangulaire dans une logique plus classiquement habillée.
Un boîtier basculant inspiré du Streamline Moderne
L’ADN de la Versa n’a pas bougé. Le boîtier en acier 316L, de format rectangulaire, conserve son boîtier central qui coulisse puis pivote pour révéler la face opposée, avant de se réenclencher d’un geste satisfaisant. Le clin d’œil au monde des montres réversibles d’antan reste assumé, mais Vario s’inscrit dans une grammaire stylistique bien à elle, celle du Streamline Moderne plutôt que du Tank ou de la Reverso.
Les dimensions sont contenues : 28 mm de large, 41,5 mm de long et surtout 10,5 mm d’épaisseur, soit nettement moins que les versions dual time précédentes. L’étanchéité atteint 50 mètres, et la lunette comme le fond accueillent chacun un verre saphir avec traitement antireflet interne. Les cornes intégrées de 22 mm permettent au boîtier d’épouser correctement le poignet, et le format reste raisonnable pour un usage quotidien.
Un cadran tuxedo en deux déclinaisons
C’est sur la face avant que se joue la différence avec les précédentes itérations. Vario a opté pour un cadran dit « tuxedo », composé d’un rectangle central à rayures miroir bicolores entouré d’un chemin de fer contrastant. Deux versions sont proposées, l’une à dominante blanche, l’autre à dominante noire, toutes deux ponctuées d’index appliqués et d’aiguilles dauphine fines.
Le résultat reste fidèle à la verve Art Déco de la collection, sans tomber dans la surcharge décorative. Au verso, un fond gravé doté d’une ouverture circulaire laisse apparaître la mécanique, ce qui permet de basculer entre deux lectures de la même montre selon l’humeur du jour.
Un Miyota 6T28 modifié pour l’occasion
Sous le cadran, on trouve le Miyota 6T28, le plus petit calibre automatique du fabricant japonais, ici customisé par Vario avec une masse oscillante en tungstène réalisée sur mesure. Le mouvement bat à 28 800 alternances par heure et offre une réserve de marche de 40 heures, des prestations cohérentes avec le positionnement de la pièce.
Le choix d’un calibre fiable et facilement révisable est plutôt une bonne nouvelle à ce niveau de prix, et le passage à l’automatique permet à la VERSA de gagner en cohérence horlogère face à la concurrence du segment.
La montre est livrée d’origine sur un bracelet en cuir italien tannage végétal, en 22 mm s’effilant vers 18 mm, équipé d’une boucle déployante. Vario précise que ce bracelet peut s’avérer un peu long pour les poignets inférieurs à 6 pouces, et propose en alternative une gamme de bracelets Epsom plus courts dans une palette de neuf coloris allant du brun acajou au vert forêt en passant par le bleu cérulé ou l’orange mandarine.
Plus original encore, la marque remet au goût du jour le bracelet métallique élastique en acier, disponible en versions longue et courte. Une fantaisie rare aujourd’hui, qui colle parfaitement à l’esprit vintage de la pièce, même si les amateurs de pilosité abondante au poignet seront prévenus.
L’avis de We Love Watches
Sur un segment où les hommages à la Reverso se comptent par dizaines, Vario continue de tracer sa propre route avec une montre qui ne ressemble à aucune autre. Le passage à un mouvement automatique apporte la légitimité horlogère qui pouvait manquer aux premières versions à quartz, et le format affiné rend la pièce plus polyvalente.
Le cadran tuxedo, plus sobre que les déclinaisons précédentes parfois très typées, ouvre la collection à un public plus large en quête d’une montre habillée à mécanisme amusant.
Reste la question récurrente de l’utilité du second affichage : sans dual time, la face arrière se contente d’exposer le mouvement, ce qui limite un peu l’intérêt du basculement à l’esthétique pure. Un détail qui n’enlève rien au plaisir tactile de manipuler ce petit théâtre mécanique au poignet.
Prix : 540 €








